Enghien-les-Bains

La ville d’Enghien-les-Bains, située dans le Val-d’Oise à onze kilomètres au nord de Paris, a été créée en 1850. Elle est la seule station thermale d’Île-de-France et doit sa renommée à son lac, son casino et son patrimoine de villégiature Belle Époque exceptionnel.

L’histoire de la station remonte à 1766, lorsqu’un oratorien de la Collégiale de Montmorency, le Père Cotte, met en évidence les propriétés sulfureuses du lac. Plus tard, le docteur Péligot, ancien administrateur de l’Hôpital Saint-Louis à Paris, donne à Enghien sa vocation de station thermale. Il y soigne avec succès le roi Louis XVIII, atteint d’un ulcère à la jambe. La source est alors rebaptisée « Source du Roi ».

Contrairement à la plupart des villes, qui se développent autour d’un centre ancien et d’une église, Enghien-les-Bains est une création du XIXᵉ siècle. Son essor est lié à son activité thermale et à deux axes majeurs de communication : la route reliant Argenteuil à Montmorency et la voie ferrée construite en 1846 par la Compagnie des chemins de fer du Nord.

Les premières constructions, dont l’hôtel des Quatre Pavillons, apparaissent dès 1822. Sous la Restauration, la fréquentation de la bonne société parisienne transforme profondément la station. Enghien devient officiellement une commune le 5 août 1850.

Par la suite, plusieurs lignes de chemin de fer et de tramway facilitent l’accès à la station et permettent l’arrivée de nombreux visiteurs. Les Eaux d’Enghien sont reconnues d’utilité publique en 1864. Une salle de jeux ouvre en 1877, un hippodrome en 1879, puis un théâtre d’hiver en 1891. Le premier véritable casino est construit en 1907.

En 1904, une rampe métallique de 263 mètres remplace l’ancienne barrière en bois entourant le lac. Elle est remplacée à son tour en 1911 par la jetée-promenade en fer forgé, avancée sur le lac. Enghien devient alors un lieu festif, accueillant régates, bals, compétitions et projections cinématographiques. La Première Guerre mondiale met brutalement fin à ces activités, qui ne reprendront que lentement avant de retrouver leur éclat en 1931. Le nouvel établissement thermal est inauguré en 1935.

La bourgeoisie parisienne, attirée par le cadre et la facilité d’accès offerte par le chemin de fer, fait construire de somptueuses villas autour du lac. La princesse Mathilde, cousine de Napoléon III, installée à Saint-Gratien, y reçoit les grandes figures littéraires de son temps.L’architecture d’Enghien-les-Bains reflète l’élégance mondaine de la Belle Époque. Les villas adoptent des styles variés : inspirations classiques, gothiques ou Louis XIII, chalets suisses, chaumières normandes ou castels romantiques. Balcons en fer forgé, façades sculptées et toitures en ardoise leur confèrent un charme intemporel. L’Art déco y occupe également une place importante à partir des années 1930.

Le paysage d’Enghien-les-Bains s’articule autour de son lac, aménagé pour accueillir les activités thermales et de villégiature, au cœur de la ceinture verte entourant Paris.

Pour préserver ce patrimoine architectural, paysager et urbain, un Site Patrimonial Remarquable (SPR) a été institué sur le territoire communal.